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24/06/2010

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13/02/2010

Panneau indicateur

Chers lecteurs et aux quelques habitués en particulier,

Ce blog s'arrête là.

D'autres choses viendront mais ailleurs.
Les commentaires restent ouverts, l'adresse mail carolinevigneron arobase hotmail.fr en service.

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Bonne route! Et des bisous!

 

16/12/2009

Les péripéties d'un journal

Je titube. L'angoisse monte, comme la mousse dans le verre déborde et se répand sur le comptoir, moi dans le bar, entre les tables, partout de petits bouts de moi comme des bulles éclatent en tintant. Dans un bruit de chaises je sors puis reviens, ne sais plus trop dans quel ordre.
Ce serveur devrait être en kilt. Pourquoi n'est-il pas en kilt? Toute la soirée, la question m'obsède. Je regarde ses pantalons quadrillés et écarlates et m'interroge. Mon regard accroche un doigt qui s'attarde une demie seconde sur la surface grise et lisse d'une table. Une main blanche joue avec une perle de la lampe, un instant furtif, passe. La perle continue de se balancer et je reste hypnotisée par ce halètement perlé, comme une poitrine cristalline s'agite dans les airs, sous la lumière et les dentelles, le froufrou d'une robe. Je compte mes sous. On roule des cigarettes. Sur le comptoir, la mousse blanche se répand toujours beaucoup. Le comptoir déborde.
Une note de musique perce et s'attarde, particulièrement triste, lourde, mélancolique, lugubre, acerbe, éreintante, à en grincer des dents, et se balance un instant, en suspens, comme la perle.
Je sors, reviens, ne sais plus trop...
Quelqu'un éclate en sanglots dans mon dos, à moins que ce ne soit moi, ou beaucoup plus loin, ailleurs, dans ma tête ou entre les tables, on ne sait plus trop...
Petites bulles éparses éclatent, en souvenirs éparpillés (et très confus).

Samedi 12 décembre 2009 ou dimanche 13, pendant une soirée arrosée, et achevé plus tard à la hache (le texte, pas la soirée).

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Je ne sais plus très bien si j'en ai rêvé ou si c'est arrivé vraiment hier,
Tu m'as pris la main et tu m'as embrassée, j'en ai même fumée
Et après dans ma petite main tu m'as mis, coquin, un petit pépin.
C'était pour me dire que tu voulais partir, pour ne plus jamais revenir
Mais que longtemps, longtemps après, je garderai de toi un petit souvenir

Dimanche 16 janvier 2005

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Des mondes, innombrables, tournent tout autour de nous, à notre portée, si proches, inexplorables.
« Les gens ».
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Dépeuplés, tournoyant, nous tournons si bien que bientôt notre sang en pâlira. Il virera, se brouillera et finalement au noir tournera. Bloqué dans les artères il bouillonnera, à se figer, il fera tout exploser, et nous nous envolerons, comme des baudruches percées. Écarlates, pétées.
Nous n'en reviendrons pas.
Ca pourrait bien.
Mon copain, mon beau. Petit.
Dis-moi. Ca revient? Ca vient de passer, ça bouge et déjà je ne le vois plus mais toi, ta meilleure vue et surtout de plus loin, à distance, avec le recul, on se rend mieux compte.
Alors? Par là? Ca vient?
Tu dis rien. Tu souris, vaguement. Tes yeux comme de l'air, tranchant, en coups de vent, balayent et se plantent.
Alors, tu vois rien?
Trop loin peut-être, après tout.
L'air n'est pas trop perturbé de mes pensées.
< Peut-être, au printemps, perceront-elles?
Tu les cueilleras, t'en feras des colliers, jolis, qui par ton talent, n'en faneront pas.
Des doigts de grands ne construisent plus de temples, et se racornissent, noirs dans des bandelettes. Les temples s'effritent, et lentement tombent. Plus rien ne reste.
Mais toi, cher, tu connais des secrets, des paroles perdues, qui font durer comme le soleil.

19 janvier 2005

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Il était beau, il était jeune et le vent soufflait chaud.
Au-dessus de moi brillait un soleil haut ; à le toucher
Il pendait, décoré, vidé, écorché, prêt à terminer
Il fumait, là, sur le trottoir, les yeux mi-clos,
Déjà à moitié parti, il donnait le change, il donnait le ton.
A le regarder, lui seul, c'était toute la météo
Qui défilait en un clin d'œil, forecast for the ten years to go
Et lui il n'est plus là. Il a brulé tous ses mégots,
Bien écrasés par terre, tout en bas, il en avait marre
De faire la météo. Criez au loup!
Tout le monde vous écoute. Personne ne sort de parapluie.
Il a grillé son dernier mégot. Les yeux mi-clots,
Il vous voyait très bien, à travers sa fumée.
Il ne s'y perdait pas. Il n'en reviendra pas.
Je le vois encore, son écran de fumée, balloté par la brise
Du Sud qui s'en revient, pour un dernier rappel,
Avant de vous emporter avec lui.
Sortez les parapluie!
Sortez les chapeaux!
Prenez tout ce que vous avez de plus beau et allez en faire
Des lingots. Ne revenez pas avant de briller, bien beaux,
Sous le soleil haut.
--
Notez que je ne dis rien. Notez que je ne fais rien.
Ni ne braille ni ne pense. Je regarde.
Je vois des ailes, mille choses éparpillées, froissées, dans le désordre,
Embarrassées, embrouillées, elles se prennent les pieds dans les plis
Des tapis et roulent et se choquent.
Je me vois, au centre, inerte, faire la belle, vous embrasser
Du regard, de plus belle, de loin, je vois bien.
Il s'en prépare, il s'en amasse. Dans les coins, dans les ombres et les sous-bois. Il s'en prépare, des choses, mille choses à déballer.
Elles s'entassent, inertes et bientôt s'en iront tout balancer
Dans les pot-au-roses, on y verra plus clair.
Brillera un firmament, comme un filet d'argent.
L'ouest brulera. De nous rien ne restera.
Nous repartirons, pieds nus, marcher dans l'eau tiède et les flaques des trottoirs mouillés.
Je vois tout ça, d'ici, je bruisse à y penser.

10 juillet 2005

08/12/2009

Muette

Dans l'ombre d'une chambre en désordre, une femme s'habille. C'est le matin. Le volet est encore baissé, presque entièrement. C'est l'aube, le merle chante. Elle est seule, seule responsable du désordre qui l'entoure, tout un bric à braque de choses dont elle ne se sert plus, des vêtements épars qu'elle néglige de ranger, une vieille armoire qui prend trop de place, surtout quand on l'ouvre, des papiers à classer. Elle va travailler. Elle va se rendre à son travail. Elle vient d'avaler une tasse de thé, une grande tasse, du thé noir « à la russe ». La chambre est dans des tons bleus, la tapisserie ornée de motifs ridicules, peu en rapport avec son âge, qu'elle s'efforce de dissimuler sous toutes sortes d'images ésotériques ou fantastiques. La moquette bleue, peu foulée, garde un bon état général. Elle n'entre là que pour dormir, s'habiller, classer un papier. Le volet reste souvent à demi baissé. La fenêtre donne sur le parking et jouxte la porte du hall de l'immeuble.
Elle pense aux falaises de la montagne, d'où il serait facile de se jeter. L'un de ses anciens amants habite de telles montagnes. Lors d'une excursion en voiture, il lui avait reproché de ne pas les regarder. Pendant leur première nuit ensemble, elle avait beaucoup pensé à cette passerelle qui surplombe un à-pic vertigineux, pendant qu'il ronflait.

01/12/2009

La vie des bêtes

Je suis parfois un chat qui dort au coin du feu. Qu'il brule du sapin, du chêne, de la porte d'église, du piano, du magnolia, du journal, du cercueil, du coran, du bois exotique arraché à la forêt amazonienne en péril, du magazine de mode, de la revue porno, de l'encyclopédie, du fauteuil Louis XVI... Je ne suis qu'un chat roulé en boule et qui ronronne, le dos bien chauffé. Je ne me dérangerai que lorsque j'en aurai assez d'avoir chaud, que le feu sera éteint, que la maison s'écroulera, que mon ventre m'appellera au champ.
Je fais parfois preuve de ce genre d'inconscience égoïste : profonde amoralité, nonchalance aristocratique, détachement hallucinant... Une animalité sidérale.

22/11/2009

Dusk City, Arizona Bay

Nouvelle nouvelle: http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&a...

Je l'abandonne là, elle est en morceaux, elle n'en peut plus, faites-en ce que vous pouvez. Faudrait que je la relise encore un peu, je crois, mais j'ai trop envie d'en finir et d'aller me coucher (euphytose! joie!).

 

15/11/2009

Walking among the Dead

As I heard the sound of your voice answering me - I turned round and saw you, looking back at me with shimmering eyes, as fading embers covered with ashes – I felt as if I had just entered some vast and old church, empty of all light and prayers, long abandoned by all worshipers, rubble covering its cracked floor, cluttered with broken benches and pierced with high colourless crazed windows opened on a white and misty sky.
I felt awe, I felt reverence and a little scared.
I talked back to you - I don't remember what we said, maybe something about helping ourselves to the buffet and whether having hot or simply strong drinks – but I remember how I made my voice unusually loud and low, as if getting ready to sing a mass for the Dead, me all alone, standing on my own before an assembly of ghosts, wrinckled widows and murdered virgins.
I came closer to you. I took your empty glass from your hands and served you some hot red wine. The scent of cinnamon rose in-between us and filled the air like incense, rich and tempting.
You complemented me on my outfit, calling it very « feminine destroyer ». I remained thoughtful of how oddly those words blended within me and you reflected my blank air back at me with a smile.
Your hair half-covered you, you looking as if you'd been mourning since your very birth, mourning for the birds eaten by the cats, for the cats squashed by the cars, for the mist worn out by the sun each and every morning and on and on.
My shirt made no crease.
Your dress was as dark as the alley I was marching down, in this vast and old church you'd built for me.
It was not a church. It was a chapel.
---
Just like a tomb you planted flowers on : the dead is still dead but the flowers still bloom and so you remember.

November 15th, noon.

30/10/2009

Rouge sang, rouge rubis, rouge à la lie...

Elle apparut dans une mare de sang. Du moins c'est l'impression qu'elle me fit, violente. De la cuisine, d'où elle venait, émanait une lumière vive, des rires, de la fumée et une odeur de brûlé.
« Voilà, on a cramé le rôti! », lança-t-elle à la ronde des convives regroupés au salon, une petite pièce cossue à l'atmosphère feutrée, à l'éclairage tamisé.
Elle était déjà un peu gaie, surtout pour un début de soirée. Sa petite chemise rouge sang s'ajustait parfaitement à sa taille fine, à ses formes menues, sans la coller trop vulgairement de près non plus. L'effet de cette couleur surgissant dans le demi-jour ambré et douillet était d'autant plus saisissant qu'elle y était entrée à grands pas, des pas bottés sous un pantalon de velours noir. Elle était ennuyée, il n'y aurait pas de viande à manger.
Je m'en foutais royalement, tant qu'il y avait du vin.
« Oh bah ça, vu ce qu'il y a à la cave, faudrait pas t'y laisser, tu risquerais de t'y noyer! »
Sur-le-champ, j'exigeais de voir. Enfin, je le demandais tout juste assez poliment, avec tout l'empressement d'un colonel bourré.
On ne me résista pas. J'aurais tiré à vue.
Elle prit un trousseau de clefs et me montra le chemin : « Suivez le guide! ».
Nous passâmes par un corridor plongé dans une obscurité totale où seul le bruit de ses bottes résonnant sur le dallage m'assurait que je n'étais pas seul en plein coma.
Puis nous descendîmes des marches à tâtons car, s'excusa-t-elle, l'ampoule avait grillé le soir même. Décidément.
En bas des marches, elle ouvrit une porte. J'entendis des gonds grincer. Elle alluma un plafonnier qui ne donnait qu'une lumière terne et jaune. J'eus alors une sensation tournoyante, comme un vertige, d'avoir pour compagnie non quelques centaines de bouteilles sagement couchées et poussiéreuses mais une seule, à taille humaine, et même tout juste à ma dimension, là, devant moi, une jolie bouteille de rouge pétillant.
Je ne pus m'empêcher de me l'approprier aussitôt, c'est à dire que je voulu avancer à couvert et faire mine de tituber involontairement vers elle mais que je ne réussis qu'à tituber pour de bon pour me retrouver agrippé à ses hanches, mes yeux vrillés dans les siens, enivrant.


29 octobre, 21h37.

25/10/2009

Sang, temps, dents...

Nous ne tuons pas les bêtes avec des armes, des outils. Nous les tuons avec nos mains, de nos dents. Car nous voulons les manger. Nous les tuons avec notre bouche, de notre faim. Nous les attrapons dans le noir et les portons à nos lèvres, d'où le sang coule. Bêtes juteuses. Les armes, les outils ne sont que des prothèses que nous ne nous attachons qu'un instant, car elles portent la saleté, le sang séché dont nous ne voulons pas, les lambeaux de peaux, les substances louches dont nous ne voulons pas en nous, sur nous. La prothèse ultime étant la barquette en plastique du supermarché. Bien propre, blanche, elle luit sous les néons, aseptisée.
La viande est bonne pour la santé. Tuer est bon pour la santé. Cela fait tourner la roue de la Vie. Il faut bien huiler les roues de cet engrenage.
Le vampire peut saisir un rat et le décapiter de ses dents, recracher la tête plus loin comme un gros pépin de raisin et boire le reste. Les pavés n'en résonneront pas moins de ses pas et sa canne au pommeau d'argent, à tête de lion peut-être, n'en brillera pas moins sous la Lune. Bourbon Street s'engorgera de jazz et de décolletés plongeant. Le fleuve coulera et se déversera dans un autre océan. Les tables resteront bien droites et immobiles.
Je m'amollirai, doucement. Déjà, mes mains se rident, surtout quand je n'y prends garde, dans le froid. L'âge avance, tel un glacier. L'heure sonne, poivre dans le nez.
Je peux me caresser du bout du doigt, la chaire molle et rouge du bout du doigt. Là-dessous, là-dedans le sang palpite, plie, court, sinueux, cours de fleuves et de ruisseaux, l'utérus en marais salant? En rizière? Récolte fière.
Mais le soleil se couche sur des blés sauvages que personne ne vient récolter. Par en-dessous, les mulots creusent et ravinent. L'âge avance, tel un glacier aux veines bleues.
Alors, à nouveau, je regarde ma main. Elle porte encore la couleur du soleil de l'été passé, elle vole et se pose adroitement sur la page, la caresse doucement, y trace quelques entrelacs. Elle se contemple. Le cahier pour toute compagnie, dans le ronron de la chaudière.
Des feuilles mortes flottent dans les airs, comme ce mardi soir où de petites mortes dansaient cours Berriat, dans le vent tiède d'une averse approchante, un tourbillon derrière mes pas.
Il y a des choses qu'on ne peut faire qu'avec du papier et un crayon.
Et un ordinateur.
Autres outils...


Dimanche 25 octobre 2009, 8h.

En guise de notes:
Entretien avec un vampire, c'est toujours aussi bon.
Le prologue d'Ainsi parlait Zarathoustra lu par Michael Lonsdale, c'est vraiment très cool.
La nouvelle note des Délices de l'Age de Fer se lit vraiment bien.

17/10/2009

Ronde païenne

Le chœur des femmes:
Nous sommes des déesses plantées dans vos champs
Nous sommes venues nous installer dans vos champs

    Le chœur des hommes:
    Ce n'est pas très gentil!

Mégalithes imposants et fiers,
Résistant aux vents, au tonnerre,
A vos bataillons, aux typhons
Nous tenons, jamais ne bougeons

    Ce n'est pas très gentil!

Statues, guerrières de pierre, jamais ne frémissons,
Sous les coups nous résonnons, jamais ne fuyons
Polies par maintes ères, jamais ne nous lassons, 

    Ce n'est pas très gentil!

Vous faites tourner vos charrues à nos pieds,
Vous nous devez de tourner à nos jolis pieds

      Ce n'est pas très gentil!

Vous pestez, nous vous sourions,
Vous blasphémez, nous pardonnons,
Vous oubliez, nous nous souvenons,
Vous passez, alors nous restons,

      Ensemble:
    Jamais nous ne faibliront!
    Toujours nous endureront! 

Nous portons votre ciel, vous réglez nos saisons,
Nous la matrice, vos chères petites cailles,
Vous, nos diables complices, fertiles semailles,

      Ensemble:
    Notre ronde endiablée jamais ne nous lassera!
    Notre ronde effrénée jamais ne finira!
    Et rime déri et rime déridéra!