31.08.2009

Mise au point

Lundi 31 août, 20h:
Ceci est une newsletter, sauf qu'on ne sait absolument pas qui exactement la reçoit.
Il faut être un peu joueur pour aimer ça.
Un peu de mal à comprendre pourquoi la rentrée doit être un mercredi. Même pour les maternels? Bon.
Ma sœur a enfin accouché, mardi dernier. On vous épargnera les photos, quoi que le neveu, petite crevette rose et blonde aux yeux bleus, a des doigts particulièrement longs, faut voir ça, c'est quelque chose, on veut déjà en faire un pianiste. Enfin surtout les femmes du clan; le père, lui, estime que de grandes mains, ce sera bien pour donner des baffes. Chacun ses priorités.
Ici à Annecy, je croise toujours de « vieilles » connaissances sans dénier dévier un regard pour les saluer, comme encore mardi dernier à l'hôpital, dans les escaliers du parking, désolée, mais j'étais vraiment très pressée, ma sœur était en train d'accoucher, hein, et puis je suis particulièrement crispée ces temps, la gorge toute nouée depuis une semaine, bon - on n'est vraiment tranquille nulle part - à la rigueur je dis « bonjour » si on se retrouve vraiment face à face - comme encore ce matin au centre de tri de la poste et après je sors de là précipitamment en protestant très autistiquement à voix basse, comme pour me soulager ou prier ou faire part de mon énervement au destin : « non, je veux voir personne, je veux voir personne, je veux voir personne! », vraiment très nerveuse – je dis tout juste bonjour, donc, parce que mes parents m'ont tout de même bien élevée, enfin tout juste assez pour que je ne sois pas une pure sauvage.
A vrai dire j'ai très envie de massacrer ce texte vu que je suis fatiguée et que j'ai tout de même envie d'écrire un truc mais surtout pour le remplissage, en fait, on va dire. Histoire de faire le satellite qui continue de faire « bip » même très loin de la terre.
Bon, j'ai beau ne vouloir voir personne à Annecy, étant donné que je suis quelqu'un de très logique, je suis tout de même bravement sorti samedi soir. On m'avait tendu une jolie perche, j'ai eu très envie de vérifier que ce n'était pas du vent. J'ai donc eu l'occasion de passer au Munich pour y être fort aimable avec une « vieille » connaissance que je n'avais pas vue depuis bien un an : « Oh mais t'as grossi, toi! ». Oui, à peine « bonjour » et, de but en blanc, ça.
Je vous jure. Aucun sens des convenances, c'est lamentable. Vraiment très aimable. Et après, je m'étonne de mettre des gens mal à l'aise.
Ce samedi soir, je peux donc témoigner, il y avait des gosses qui sautaient du Pont des Amours dans le canal du Vassé, et là un skater essayait de se suicider, ou de se casser un bras, avec beaucoup de conviction, en sautant toutes les marches de l'escalier de ce pont d'un coup. Il a fini par y arriver, à atterrir en bas des marches sans se viander. Et puis il a eu une conversation avec un autre skater et ils se sont mis à parler skater: à la consonance de quelques bribes de mots saisis par ci par là, il me sembla comprendre qu'ils évoquaient toutes sortes de figures sans doute fort compliquées et douloureuses et cela me donna la sensation qu'ils parlaient chinois.
Et puis dans la vielles ville, un lapin distribuait des sucettes aux filles.
La veille, alors que je m'appliquais à avaler une pleine assiette de frites au Bootsy, à Grenoble, en compagnie de ma merveilleuse et très inspirante colocataire et que je tentais de formuler une idée ayant trait à l'absurde et à l'absolu, idée que je ne suis toujours pas parvenu à saisir correctement, j'eus soudain très envie de voir passer un type déguisé en lapin. Ca m'aurait aidé à illustrer cette histoire d'absurde, je crois, ou bien c'est l'image qu'elle m'inspirait... Bref, à ce moment-là, je n'avais pas encore fini « A vos souhaits », de Fabrice Colin - une amusante petite histoire pleine d'elfes, de nains, d'ogres et de jurons, tout juste assez grivoise pour ne pas être recommandable à des enfants – et dans ce bouquin, un enfant déguisé en cochon apparaît à tout bout de champ. Mais je n'avais pas du tout envie de cochon, moi je voulais voir un lapin, comme Alice. A mes souhaits, donc : j'en vis un le lendemain et j'eus alors la sensation d'être en train de passer une soirée absolument parfaite. Un peu plus tard, un gosse resta un petit moment à cuver allongé dans mes wc. On déclara mon appartement « baba cool » et on s'efforça de me faire avouer que je fume. Mais non, je suis zen comme ça absolument naturellement.
Il y avait longtemps que je n'avais pas passé de soirée avec des gosses, je m'étais jurée de ne plus recommencer. Je ne vois vraiment plus pourquoi. Enfin si mais j'ai peut-être guéri un peu depuis.
Je ne suis toute fois toujours pas en mesure de leur donner d'avisés conseils en matière d'histoires de couple. C'est ennuyeux car ils ont vraiment beaucoup de soucis dans ce domaine. Beaucoup plus que moi. Vu que je n'ai jamais été en couple. Quand on dit ça, on a un peu la sensation de dire qu'on est toujours vierge, c'est un peu gênant. Mais voilà ce que c'est que d'être une vraie sauvage dépourvue de tout sens des convenances et des conventions en matière de drague, tout ça, et gaffeuse avec ça, genre « Oh mais t'as grossi, toi! », je vous jure... C'est n'importe quoi, oui.
Aujourd'hui, de passage à l'école où je reprendrai demain ma place favorite à la cuisine pour boire du thé en lisant, ou lire en buvant du thé - certains appellent ça « travailler » - aujourd'hui donc, j'ai appris que ma petite préférée, une gosse de 5 ans, ne reviendra pas cette année, elle change d'école. C'est très triste. Il y a quelques mois, elle avait fait un dessin, elle me l'avait montré, on avait commencé à papoter comme ça, j'avais fini par m'assoir sur une petite chaise et tout naturellement, elle était venue s'asseoir sur mes genoux, comme du miel liquide qui tombe sur une tranche de pain beurrée. Un moment plus tard, j'étais très occupée à couvrir des livres, je repensais à ce doux petit moment précieux en compagnie de ce petit lutin affublé de petits problèmes d'élocution, quand je réalisai que voilà, ça y était, j'avais envie d'avoir des enfants. Je ne reverrai peut-être jamais cette gosse-là mais je continue à avoir envie de fournir mon neveu en cousins. Pas à tout prix, ceci dit. Je ne suis pas hystérique à ce point. J'aimerais la version « un mari et des enfants », voilà où j'en suis, à me dire que ça, ce serait bien. « Mère au foyer », voilà le job idéal. Ca et « tour manager » d'un groupe de rock, mais bon, on ne peut pas tout avoir.
Tout ça pour dire que lorsqu'un homme assis à ma table lance soudain - comme une bonne parole tombée du ciel par le plus pur des hasards, là dans votre bière - qu'on a oublié le sens, la raison d'être du couple - qui est de faire des enfants - je réalise trois jours plus tard que ce blog pourrait aussi bien avoir des lecteurs. Et cela m'amuse.

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Les arbres
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La mare

22.08.2009

Flou

Ce n'est pas que je ne sais pas me servir d'un appareil photo, quoi que, c'est juste que j'aime bien les photos floues. Alors je prends des photos floues, exprès.

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20.08.2009

Brushing


Sur ce, bravo à Léa Silhol pour le mot du jour : "...dans la touffeur de cette salle de soie et de métal..." - La ballade des égarés, Anthologie Emblèmes n°12.

Et vive les fay, bien sûr.

Note

"Eh bien, eh bien, quoi donc? j'ai des envies de danser qui sont incroyables. Je crois, si je m'y laissais aller, que je sauterais comme un moineau sur tous ces gros platras et sur toutes ces poutres. Eh! mignon, eh! mignon! mettez vos gants neufs, un plus bel habit que cela, tra la la! faites-vous beau, la mariée est belle. Mais, je vous le dis à l'oreille, prenez garde à son petit couteau."
Musset, Lorenzaccio, acte IV, scène IX.

A part ça, ceux qui sont arrivés ici après avoir demandé à google : "sidonie nue", "youtube amateur nue bronzage jardin",  "sexe shop chaud pour couple a annecy", "tube évasé", "sidonie tube", "blog eisangelie" et surtout, surtout "un dimanche", bah bien.

 

19.08.2009

Où mène l'amour des vaches

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Il est japonais et il adore les vaches.
"Michihisa Yamaguchi est parti de Tokyo, capitale du Japon (plus de 30 millions d'habitants), et vit aujourd'hui à Bessans au fin fond de la Maurienne (à peine plus de 300 habitants). C'est un rêve qu'il a réalisé, rêve qu'il nourrissait depuis un jour où il regardait le Tour de France, lors d'une étape des Alpes.
Ce jour-là, il réalise, en voyant les plans de coupe, à quel point les vaches et les alpages français sont «magnifiques». Coup de foudre ou confirmation d'une vocation ? Il n'arrive pas très bien à l'expliquer. Et maintenant, à 35 ans, décontracté et le geste sûr, il travaille comme fromager à la Coopérative laitière Haute-Maurienne Vanoise, qui fabrique du beaufort et du bleu de Bonneval..." Le Dauphiné Libéré (paru dans l'édition 73A du 21/02/2009)

Vu

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16.08.2009

Petites fleures

En promenade dans les bois, Semnoz, vallon Sainte-Catherine, blabla, la grangette, ruines, blah, chez maman, chats, jupe en soie, blahhh, couleuvre dans le hall, pompiers, Impérial, reblah, le muscat n'est plus.

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15.08.2009

Re-wine

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Pink Party

- Yes, it's piiink! (giggles)
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- And so what?!
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- Yes, I'll still take the trash out anyway!
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- And what about some flowers?
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- Or trousers maybe?
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Dialogue avec le vampire

Annecy, 21h, 13 août:
Petit coup de mou, ces jours derniers, comme je le précisais précédemment, petite crise de sociophobie, sans doute, ou quelque chose comme ça, petites crises d'angoisse à l'idée de revoir un jour des gens chez moi (à Annecy, plus précisément : je ne veux plus inviter personne, je ne veux plus inviter personne!), tout ça tout ça, mais il faut bien que je m'occupe, tout de même, alors j'ajoute gentiment quelques titres à ma playlist deezer, boom, "if you could flick the switch and open your third eye, you'd see that we should never be afraid to die" (Muse - Uprising), vive le rock! Et puis j'écris beaucoup de choses affreuses, et je n'ai jamais vu autant d'horreurs présentées sous un aussi joli jour.

Ainsi, par exemple, un vampire est confortablement installé dans mon canapé, très soigneusement occupé à donner son biberon de lait maternisé à un bébé tout blond très goulu.
Oui, entrons joyeusement dans le merveilleux monde de la fiction.

- Vous avez oublié de préciser que vous sirotez un verre de muscat.
- Oui, pardon.
Enfin, non. C'est vrai.
Vous devriez allez reporter ce bébé où vous l'avez trouvé.
- Dans votre crâne? Il en est déjà plein, il y a surpopulation. Et là, il faut penser à rassurer votre lecteur: ce n'est pas seulement à cause de votre horloge biologique qui tic et tac, votre sœur va accoucher, n'oubliez pas de le repréciser une 312ème fois.
- Oui, c'est vrai. Vous avez raison. En dehors du fait que ce bébé n'a rien à faire dans vos bras.
- Pas du tout! Voyez! Il adore ça! Il en redemande! C'est un vorace! Je vais plutôt allez dévaliser une pharmacie de tout son lait maternisé. Ou je vais enlever une jeune mère effarouchée pour lui voler tout son lait. La traire comme une vache.
Ah. Cette idée semble vous plaire?
- Elle est abjecte, cette idée. Ce n'est pas parce que je ris qu'il faut croire que j'approuve.
Je me suis demandée une seconde comment vous vous y prendriez…
Vous n'avez pas intérêt à le faire!
- Non, ce ne serait pas pratique, une mère entière. Le lait en poudre, c'est tout de même plus facile à utiliser. Et puis cela se conserve…
- Non, je voulais dire que vous aviez intérêt à ne pas me préciser comment vous vous y prendriez avec une…
- Jeune mère effarouchée? Oh, et bien sans doute à peu de choses près comme avec une jeune vierge…
Ah, cette idée là aussi semble…
- (j'éclate de rire) Non, voyons! Taisez-vous, ce n'est pas bien de me faire rire avec de pareilles choses!
- Il faut bien vous divertir un peu! Vous le valez bien.
- Vous êtes gentil, vous, au moins.
- A votre service.

Le bébé tette goulument, le vampire le regarde faire avec un air gaga.

- Non, s'il vous plaît, n'utilisez pas ce mot, là, "gaga", de quoi je vais avoir l'air, moi? Un vampire "gaga", j'ai une réputation à tenir, moi. Je veux bien donner son biberon à un bébé mais je refuse de passer pour un "gaga".
- Vous avez l'air gaga.
- Ce n'est pas une raison. Vous pourriez, je ne sais pas, trouver autre chose. Préserver un peu mon… Ma dignité! Que diable!
- Alors il faudrait que je me contente d'écrire que vous avez l'air… Quoi? Réjoui? Béat, peut-être? Béat, c'est bien, non? Ca ne fait pas trop… Pas trop benêt?
- Hey là! Dites! N'oubliez pas à qui vous avez à faire! Faites un peu attention aux mots que vous utilisez si vous ne voulez pas que… Que je me venge sur ce petit bout de chou, tiens! Si vous ne voulez pas avoir un nouveau meurtre sur la conscience, tenez vous bien et usez de tous les bons mots pour bien décrire la bête sanguinaire et dangereuse que je suis!

Je le regarde d'un air sceptique. Ou plutôt non, tiens. Blasée. Je suis blasée. Il pourrait bien jeter ce bébé à travers le plafond, j'en ai vu d'autres.

- Ca ferait désordre chez les voisins, défoncer leur sol à coup de bébé. Ils viendraient sonner ici, vous n'aimeriez pas cela.
- Vous avez raison. Restons discrets.
- Oui, c'est ça, et finissez donc votre verre. Finissez donc la bouteille, tant que vous y êtes.
- Je n'ai pas votre descente.
- Gnagnagna, petite chose, va!
A qui est-ce que vous essayez de faire avaler ça, dites?!
Il suffirait que vous vous donniez un peu de mal, et hop! On n'en parlerait plus de cette bouteille.
- C'est gentil d'essayer de me faire passer pour une alcoolique. Ca corse le portrait, c'est très bien.
- Oui, vous voyez, vous aussi vous aimez cela, prendre soin de votre réputation.

Là, je dois dire, je suis prise d'un malheureux fou-rire.

- Elle est bien, cette chanson, donnez donc son titre et surtout n'essayez pas d'expliquer pourquoi vous pouffer de rire à la mention de votre "réputation".
- Oui. Ce serait fatigant.
C'est You're gonna go far, kid, des Offspring. C'est très dançant.
- Vous mentez. C'est très chantant. Je vous ai entendue tout à l'heure. Vous avez même cherché les paroles sur Lyrics Mania.
- Gnagnagna. Et je me demande comment ce type arrive à chanter plus haut que moi, oui.
- Oui, vous avez perdu, depuis un an que vous ne chantez plus guère, c'est très triste.
- Oui. Cela mériterait une journée de deuil, à la mémoire de feue ma pauvre jolie petite voix qui n'aura donc jamais servi à rien de rien de rien.
- Vous avez déjà la tenue.
- Oui, hein, j'aime bien, toute en noire, en jupe, je n'aurais plus qu'à aller boire un verre dans un certain bar, un client bourré me traiterait de "sorcière de salem" et je pourrais rentrer me coucher avec un petit sourire aux lèvres, contente de ma soirée.
- Vous discutez avec moi, cela vaut aussi bien.
- Vous avez raison. C'est fou ce que vous avez raison, ce soir.
Dites donc quelque chose d'horrible, que je vous gronde un peu, pour changer.
- Je peux jeter ce bébé en l'air, si cela peut vous divertir?
- (léger sourire pas convaincu)
- Non? Quelque chose de plus grave, peut-être, alors?
Et si je lui arrachais la tête?
- Non! Ce serait trop horrible. Quoi que ça me fait penser à cette scène de Pulp Fiction, quand Vincent explose la tête du jeune black dans la voiture…

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- Cela vous laisse pensive.
- Oui, je ne pense pas que j'aurais assez de talent pour réussir à faire rire avec une scène aussi immonde…
- Allons, allons! Je suis là pour vous remonter le moral! Je ne vais pas vous laisser vous dévaloriser comme ça!

Je le regarde soudain très inquiète, craignant que, chiche, il arrache la tête du môme.

- Mais non, je ne vais rien lui faire de tordu à ce petit bout.
Je suis capable de…
Quoi?

Je le regarde d'un air un peu absent, sans doute, et m'explique:

- Et bien, cette scène est déjà suffisamment tordue comme ça, vous n'avez pas besoin d'y ajouter quoi que ce soit. Elle est déjà délicieusement cocasse. Je suis très fière de vous. Vous ne me décevez jamais. Vous avez un talent monstre.
- Merci.
Et merci de m'accueillir ici ce soir chez vous, j'aime beaucoup la déco. C'est très soigné.
- Oui, il faudrait juste que je passe l'aspirateur…
- Reprenez donc plutôt un peu de muscat! Ah! Vous n'avez même pas encore fini votre premier verre!
- Mais je ne compte pas m'en servir un second!
- Quelle rabat-joie vous faites! Je comprends les gens que vous faites ronchonner…
- Oui… "Got no friends, got no lover…"
- Ah oui, vous aimez bien Placebo aussi, vous, c'est vrai, cela vous va bien.
Mais vous n'avez pas l'air tout à fait assez androgyne pour…
- Oh ça va!
Occupez-vous de votre bébé, vous!
- Quoi? Qu'est-ce que j'ai dit?
- Je ne sais pas. Vous m'énervez, tiens!
- Vous vous énervez toute seule, ma pauvre petite.
- Gnagnagna.

Il est contrarié, ne dit plus rien, se concentre sur son bébé et je regarde la scène, bêtement.

- Oui, l'alcool, c'est bien connu, ça donne l'air bête.
- Ah! Voilà! Et après, on dit que je m'énerve toute seule! Ah c'est fort de café, quand même!

Il a l'air très content de lui.

- Mais on s'aime bien! Allez! On peut bien se taquiner un peu, non?
- Mmm, fais-je.
Vous avez l'air chou, tout de même avec ce bébé.
- Ah! Ne recommencez pas, hein! Ou je lui arrache la peau du cou à pleines dents, à ce mioche!
- Oh! Tout ça pour un petit "chou"!
- Je ne plaisante pas avec les questions de vocabulaire. La langue, ça se respecte!
- "strawberries in the summer time…"
- Mais je vois que cela vous perturbe très peu, cela, vous…
- "and I turned round and there you go!"
- Ces questions cruciales de respect de la langue?
- Les Fleet Foxes, c'est bien aussi, oui.
- Vous ne respectez donc rien? Vous mettez un bébé dans les bras d'un vampire, vous n'avez pas honte?
- Oh, c'est vous qui êtes allé le chercher!
- C'est vous qui avez rendu la chose possible!
- Responsabilité partagée! Ce n'est même pas moi qui vous ai créé, là!
- Ah, attention, vous risquez les poursuites pour violation de copyrights, tout ça tout ça, ce n'est pas joli joli.
- Oh mais je ne vais rien dire de votre identité, qu'est-ce que vous croyez!

Il se renfrogne.

- Vous aimeriez bien, hein?
Cela vous ferait de la pub, cela entretiendrait un peu votre réputation, tout ça tout ça.
Et bah non!
- C'est malin, maintenant tout le monde va penser "Dracula", je vais avoir l'air fin, moi. En Dracula! C'est n'importe quoi.
- Gnagnagna.
- Attention, vous précarisez hautement la situation de ce gosse.
- Pffff! Un gosse imaginaire!
- Vous faites bien quelques cas de moi, pourquoi pas d'un bébé?
- Gnagnagna.
- Je crois que vous n'avez pas besoin d'un autre verre, finalement. Vous feriez mieux de vous arrêter là, vous avez raison, pour une fois.
- "Hey it's cause of you!… My heart is beating like a jungle drum!"
- Vous vous transformez en juke-box!?
- C'est bien plus intéressant que de taper des dialogues ineptes.
- HEY! JE VAIS ME FACHER POUR DE BON LA!! Il est hors de question que vous traitiez ce dialogue d'ineptie! Ce serait m'insulter directement et alors je vous ferais sortir un couteau de vos tiroirs et je vous ferais étriper ce bébé de mes mains!

Là, je le regarde avec l'air de ne pas avoir compris un traitre mot de ce qu'il a dit.

- Je m'embrouille, pardon, c'est l'énervement.
- Ah! Vous voyez, vous aussi vous vous énervez tout seul!
Il vaudrait mieux danser.

Alors je danse un peu, lui ne peut pas bouger vu que le bébé tette toujours.

- Vous dansez très bien, c'est dommage que vous n'en fassiez profiter personne.
- Oui, Little Sister aussi c'est très dansant. Et il ne savent pas ce qu'ils perdent, hein? Et bah tant pis pour eux, hein!
- Là, vous devriez un peu préciser, par soucis de sincérité, n'est-ce pas, que vous êtes totalement incapable de danser comme ça en public.
- Oui, cela m'abat. Vous n'êtes pas gentil.
- Je suis un vampire.
- Vous donnez son biberon à un bébé.
- Faites attention à ce que vous allez dire.
- Oui, bon, même rien qu'avec vous dans ce canapé, ça fait déjà un petit public et ça réduit déjà la qualité de ma prestation.
- Pourtant vous savez que je ne suis pas réellement là, n'est-ce pas?
- Oui, bon, ça va, je suis légèrement schizoïde, pas schizophrène, ça va.
- Vous allez faire peur à des tas de gens en utilisant des mots pareils.
- Oh, on est sur internet, ils n'ont qu'à aller se renseigner s'ils ne sont pas trop bêtes. Un schizoïde ça ne mord pas, contrairement à d'autres. C'est très étrange et perturbant mais c'est plein de qualités, un schizoïde, plein d'imagination, tout ça tout ça, c'est très calme, ça ne pète jamais les plombs, c'est très bien un schizoïde.
Ce qui me perturbe vraiment profondément, là, voyez-vous, c'est que ma connexion internet m'a lâchée, ça n'arrive jamais, c'est étrange, je suis obligée de quitter ma playlist deezer, c'est triste.
- Ce que vous avez mis à la place est très bien aussi.
- Oui, Tool c'est assez parfait aussi.
- Vous avez l'air songeuse.
- Oui, je songe à Maynard et à sa si jolie voix...



...Et au fait que je n'arrive toujours pas à insérer des vidéos dans les notes d'Ilys, ça me frustre affreusement. Je ne me résous pas à poster un simple lien, ça fait benêt.
A croire que je suis blonde, c'est affligeant.
- Vous n'êtes pas blonde du tout, mais ce monde est un monde d'homme, vous n'êtes pas toujours adaptée, voilà tout.
- (longs soupirs)
Vous êtes bien gentil, va!
- Il faudrait savoir!

Le bébé a enfin fini son biberon, il s'est endormi et puis a disparu dieu sait où.

- Une bonne chose de faite. Vous avez préparé des photos, vous aviez l'air contente.
- Oui, je suis la très grande spécialiste des photos pourries, je suis ravie, en effet.
- Vous devriez peut-être vous resservir un verre, en fait.
- Non, rien y fera, c'est la fatigue, voilà tout.
Ou peut-être un petit bout de chocolat, tiens!
- Vous n'avez pas peur pour vos hanches?
- Ofh, elles sont déjà un cas désespéré.
Bon, alors, les enfants sont couchés, on peut parler de choses sérieuses, alors?
- Oui, ma foi…
- D'Ilys, par exemple, je ne sais plus quoi y faire, j'ai envie d'y mettre des vidéos, mais vu mes très hautes compétences, cela m'énerve…
- Vous vous énervez facilement, non?
- Ai-je l'air d'une furie?
- ?
- Dites, allons! Ai-je l'air d'une furie?
Je me dis "énervée", ai-je l'air d'une furie?
- Euh, non. Vous tapez un peu vite sur votre clavier, vous avez l'air concentrée…
- Merci! Cela donne une excellente idée des "états", n'est-ce pas, des terribles et très affolants "états" dans lesquels je me mets.
"Vive et concentrée", merci.
Je suis schizoïde, je vous le dit! Pas schizophrène!
Ah!
- Vous semblez y tenir?
- Oui, c'est important, ce genre de nuance.
- Vous accélérez votre vitesse de frappe, là.
- Oui, c'est le chocolat, ça m'a requinquée.
Bon, nous allons arrêter là, ça devient fatigant.
- Oui, allons donc nous coucher!
- ?
- Chut! Laissez donc planer un doute, là. C'est très bien.

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