28.09.2009
Embruns
"...and your horses have all run away..."
Cherbourg, Horses
21:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cherbourg, concert, gig, horses
25.09.2009
Bons baisers d'Annecy
07:41 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.09.2009
Labyrinth
J'avais neuf ans et demi et le type en collants m'avait emballée.
Aujourd'hui encore, les collants, les poules, les brushings, les gobelins, tout ça...
18:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : labyrinth, bowie, magie
06.09.2009
Le jour du seigneur
Ce matin, après un peu de ménage... J'adore faire du ménage, ça me calme les nerfs, et puis cette fois j'ai mis un peu d'ordre dans ma collection de cd, plein de choses du genre démos de groupes locaux, ça fait plein de flash back, c'est rigolo... Après la poussière, on continue avec du ménage en sortant un truc qui mijote dans le tiroir depuis 15 jours : voilà que je me suis décidée à toujours faire partie d'Ilys, genre une fois par trimestre, ça me fait une bonne moyenne, je trouve, avec ça :
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L'amour du sol



Il n'y a guère d'occupation plus saine qu'une petite promenade en forêt, torse-nu pour les hommes, en jogging et t-shirt sombres pour les femmes, du moins pour ceux qui aiment, en bons chasseurs, se fondre dans le paysage de façon à pouvoir surprendre les bêtes sauvages, comme les grenouilles par exemple, surtout les bébés grenouilles (il y a ça ou construire des barrages sur les ruisseaux, mais ceci est une autre histoire). Torse-nu ou en jogging, tous finiront de toute façon bouffés par les moustiques après avoir passé trop de temps à contempler une mare perdue au milieu des arbres, attendant les fées qui ne se pointent plus passé neuf heures du matin, guetteurs si parfaitement immobiles qu'un berger allemand passant à trois mètres de là ne les verra même pas.
Pour qui a ce genre de petites tendances bucoliques, entendre ici ou là que les écolos, avec leur angélisme, leur morale étouffante, ces maniaques du tri, c'est tous des cons, eh bien, forcément, ça énerve un peu.
Crotte.
La nature est belle, la nature est puissante, la nature vous emmerde. Rien que pour ce merveilleux esprit rock'n roll, la nature est cool. Très cool. En tout cas, ça peut inspirer un certain respect.
Elle gagne toujours à la fin. C'est peut-être ça qui énerve. Elle ressemble trop à un héro de film américain, un film dans lequel l'être humain aurait le rôle du méchant crétin.
On lui ferait exploser toutes nos bombes à la gueule, elle se relèverait, nous pas.
On lui arracherait toutes ses forêts, on lui massacrerait toutes ses dernières grosses bestioles en voie de disparition, on lui saloperait toutes ses dernières rivières encore à peu près propres, on lui trouerait sa couche d'ozone de partout, etc, etc… Elle se relèverait, nous pas et, apparemment, on a très envie de le vérifier.
Nous sommes le méchant crétin du film et au cas où être méchant et crétin ne suffirait pas à notre perte, le scénario nous a fait suicidaire, par-dessus le marché, histoire d'être sûr qu'on crève bien à la fin, dans la merde et la déchéance la plus parfaite.
La nature aura votre peau.
N'importe comment, la vie est un jeu vidéo, parfois assez prenant, mais vous avez beau vous appliquer, vous perdez à la fin.
Same player don't play again.
A moins qu'on aborde le sujet de l'immortalité de l'âme, mais bon… Peut-être une autre fois.
Et sans aller aussi loin, le jeu offre tout de même au joueur un genre de choix très simples, par exemple: préfère-t-il passer la partie sur une décharge, à nourrir sa graisse ou plutôt dans les bois, à guetter la grenouille.
Note musicale : The Hickey Underworld - Blonde Fire
P.S: j'avais titré ce truc " href="http://www.youtube.com/watch?v=3FHfNwlqHKI">Marie-Thérèse Bouchard, et puis aussi un peu celui d'Hank, de Fromage…, je me suis mise à culpabiliser de vous prendre votre temps pour vous parler juste de grenouilles.
11:28 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : annecy, blog, n'importe quoi
05.09.2009
Bip


08:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la vie des bêtes
01.09.2009
Tata Thilda
« Il faut la marier, il faut la marier! continua Mme Peloux qui ne répétait
jamais moins de deux fois une vérité première. » - Chéri, Colette.
Je tiens aussi à préciser que je ne bois pas tant que ça.
Elle arrive en fanfare, en s'annonçant par toute une ribambelle de coups de sonnettes.
Je me suis soigneusement préparée à cette visite en doublant la durée de ma séance de yoga matinale.
« Bonjour ma chérie! Quelle chaleur, quelle chaleur! Je sue à grandes eaux! J'espère qu'il fait un peu frais chez toi et que tu as beaucoup de glaçons! ».
Elle s'est soigneusement préparée elle aussi: un tailleur blanc à grandes fleurs bleues moule ses larges rondeurs, un petit chapeau violet à voilette miniature rouge coiffe sa mise en plis impeccable et sa couleur blonde toute fraîche, ses petits pieds gonflés débordent un peu de ses escarpins vermillon favoris.
Toute essoufflée, elle prend possession du meilleur fauteuil, comme à son habitude, et s'enquiert de ma santé, de mon travail « Et il va falloir que tu me parles de tes amours! Tu es toujours si discrète, c'est un monde! Hier au bridge, j'avais l'air fine, moi, à ne pas savoir quoi en dire, j'ai dû essuyer tout un tas de petits regards entendus, et entendus de quoi, qu'est-ce que j'en sais! J'avais l'air fine, je te le dis! Tu aurais un petit whisky, ma chérie? Avec des glaçons? Pleins de glaçons! Je cuis! »
Je lui sers son verre tout en lui répondant, tranquillement:
« Tata, je n'en dis rien car je n'ai rien à en dire! Calme plat! »
« Depuis le temps, depuis le temps! Allons! Ce n'est pas à une vieille chatte qu'on apprend à jouer au grelot! A qui est-ce que tu vas faire avaler ça?! Allons! Oh, ces chaussures sont une torture, je les adore! Et puis prends garde! Ce sport-là, ce n'est pas comme le vélo: à la longue, on oublie comment ça marche! Prends garde!
Je me souviens quand ton oncle est décédé, j'ai passé six mois affreux, je ne savais plus quoi faire de moi! J'avais l'air hagard, du matin au soir. Je ne sais pas, j'attendais que ça passe, je suppose. Et bien crois-moi, ça ne passe pas! Il faut se pousser, se prendre en main. Je me suis inscrite ici, abonnée là, et je te le dis, je suis très demandée maintenant. On ne m'arrête plus! Je suis partout! La tête m'en tourne parfois, je t'assure que ça en vaut la peine! Et tu en vaux la peine, allons!
Alors? Où en es-tu? Raconte-moi tout, je veux tout savoir, je ne partirai pas d'ici avant de savoir! »
Je soupire à peine et souris doucement:
« Je t'assure, je n'ai rien à en dire, rien à cacher. Je ne me donne pas autant de mal que toi et ne compte plus m'en donner pour ça. Si un charmant jeune homme venait à sonner à ma porte avec un joli bouquet, je lui ouvrirais volontiers mais je ne compte pas aller en chasser. Je l'ai eu fait et tout cela m'a fatiguée. Je préfère passer mon temps à faire les boutiques plutôt qu'à draguer! »
« Draguer, draguer, comme tu y vas! Allons, un peu de distinction, ma chérie. Nous ne sommes pas de vulgaires poupées. Nous sommes des dames! Nous ne « draguons » pas, nous étoffons notre réseau de relations. Allons! Dis-moi! », recommença-t-elle, infatigable, en plongeant le nez dans ses glaçons au whisky.
« Personne, rien, nada! Je te le dis, je te le répète, personne depuis longtemps, tonton était encore en vie et j'étais encore bête à l'époque, c'est dire! »
Elle resta un moment comme un canard dont on aurait planté le bec dans le sable:
« C'est dire, c'est dire! Rien du tout, oui! Tu ne vas pas t'en sortir comme ça! Parle-moi au moins de ceux qui t'intéressent, de ceux qui t'ont fait tourner la tête... De celui qui t'as brisé le cœur! Ou bien le dernier t'as donc dégoûtée au point que tu en as viré de bord?! Les hommes peuvent être de tels porcs, je te l'accorde... Mais tout de même! Faite comme tu es faite! C'est inimaginable que personne ne te coure au moins un peu après! Quant à toi, ce serait un crime contre l'humanité que tu... Que tu gardes cette ceinture de chasteté si bien vissée, tant qu'elle te donne ce petit air... Qu'elle te donne ce petit air acide qui pourrait bien virer au vinaigre si tu n'y prends garde! »
Je remarquai alors enfin le parfum qui flottait autour de nous. Je n'y avais encore pas « pris garde » tant j'y étais habituée, à son parfum comme à ses visites, toujours à la même heure, le même jour de la semaine – elle est une femme très bien organisée, à l'agenda soigneusement tenu – et toujours ce parfum la suivait et ne cessait de tournoyer autour d'elle, entêtant, comme un caniche hyperactif et fidèle, un parfum suave et sensuel qui s'appliquait à m'amadouer, de l'ambre pure, un ravissement. La rusée!
Mais elle ne m'aurait pas comme ça:
« Je ne veux plus rien savoir! Je ne veux plus me donner de peine, courir partout, tout ça pour une nuit ici, deux nuits là ou quand bien même six mois et puis quoi? Ca ne m'intéresse plus. A la rigueur un mariage. Voilà où j'en suis », fis-je crânement.
« Tu ne peux pas me dire ça comme ça, c'est trop cruel! C'est triste à mourir! Une fille de ton âge! Aussi en forme et... En formes! Allons! Et puis le corps a certaines exigences... »
« Tati tata, la coupai-je net, à ce jeu-là, on peut jouer toute seule! »
J'avais sans doute un air fort coquin sur la figure. Le liquide anisé qui s'agitait, bien tassé, dans mon verre, et que j'avais commencé à boire à longues gorgées pour assouplir mes nerfs, faisait son œuvre.
« Et tu me dis cela en buvant du pastis! A quand les soirées foot et pizzas à la bière? En peignoir? Sans même un bigoudi sur la tête... Avec ta manie du « tout naturel »... »
« Justement! Je ne demande pas mieux qu'un mâle vienne déployer toute sa parade amoureuse sous mes fenêtres, qu'on vienne me faire la cour! Mort au modernisme! Qu'un charmant seigneur vienne donc me prendre délicatement la main après une longue absence et me demande, la voix tremblante mais le cœur décidé: « Auriez-vous pensé à moi? »
Ah, ce que ce serait charmant, que diable! Je veux un homme qui sache ce qu'il veut. Décidé! Qui ose certaines entreprises osées! Voilà ce que je veux! J'en ai assez, moi, de devoir les prendre par la main et les encourager à ceci et les mener à cela... Qu'ils aillent tous au diable s'ils ont tous perdu leur testostérone! »
« Quelle enragée tu fais.
Je vois ce que c'est, fit-elle gravement.
Tu leur fais peur! »
« Pffff!
Et bien s'ils ont peur d'une si pauvre petite chose, ils ne méritent plus de vivre, ce ne sont plus des hommes, ce sont tous des lavettes! Et que disparaisse donc notre espèce, elle ne vaut plus tripette! »
Elle me regardait toujours gravement:
« C'est bien ce que je dis, une enragée. Ma chérie, on attrape pas les mouches avec du vinaigre. Je te le... »
« Tu ne me dis rien du tout! Je ne veux pas de mouche dans mon salon, merci, et encore moins dans mon lit, merci bien! »
Je me sentais soudain partie pour bouder.
« Mon petit chat », repris Thilda plus doucement, « Mon petit chat, tu es bien triste. Ils ne sont pas tous comme ça mais si tu te poses rageusement à quarante mètres du sol comme Napoléon place Vendôme, tu ne réussiras à attirer que des pigeons! »
« Ou des alpinistes? », fis-je avec une petite moue désolée.
« Ma petite fille, ne te fâche pas: je suis sûre que tu as aussi peur qu'eux et que tu seras assez honnête pour ne pas le nier. Se rendre inaccessible, c'est une excellente solution lorsqu'on a peur de ne pas être assez désirable, de ne pas être assez bien, de ne pas être assez ceci et cela... »
Elle marqua une pause. Je vis alors passer un tel éclair, une telle rageuse détermination dans son regard que je crus un instant qu'elle allait se lever pour me chanter Express yourself de Madonna... Ou Be yourself d'Audioslave.
Enfin bref, voilà, pourquoi j'adore Tata Thilda.
Les 17, 19, 20 août et 1er septembre, très nonchalamment.
21:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dialogue générationnel, famille, colette, chéri, madonna, audioslave
