08.12.2009
Muette
Dans l'ombre d'une chambre en désordre, une femme s'habille. C'est le matin. Le volet est encore baissé, presque entièrement. C'est l'aube, le merle chante. Elle est seule, seule responsable du désordre qui l'entoure, tout un bric à braque de choses dont elle ne se sert plus, des vêtements épars qu'elle néglige de ranger, une vieille armoire qui prend trop de place, surtout quand on l'ouvre, des papiers à classer. Elle va travailler. Elle va se rendre à son travail. Elle vient d'avaler une tasse de thé, une grande tasse, du thé noir « à la russe ». La chambre est dans des tons bleus, la tapisserie ornée de motifs ridicules, peu en rapport avec son âge, qu'elle s'efforce de dissimuler sous toutes sortes d'images ésotériques ou fantastiques. La moquette bleue, peu foulée, garde un bon état général. Elle n'entre là que pour dormir, s'habiller, classer un papier. Le volet reste souvent à demi baissé. La fenêtre donne sur le parking et jouxte la porte du hall de l'immeuble.
Elle pense aux falaises de la montagne, d'où il serait facile de se jeter. L'un de ses anciens amants habite de telles montagnes. Lors d'une excursion en voiture, il lui avait reproché de ne pas les regarder. Pendant leur première nuit ensemble, elle avait beaucoup pensé à cette passerelle qui surplombe un à-pic vertigineux, pendant qu'il ronflait.
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : annecy, amour, sexe, ronflement, rangement
25.11.2009
Repeat
Bon, on va écrire quelque chose, pour changer, vu que ça ne sert à rien, c'est parfait.
Je suis en train de finir de me ruiner pour de bon sur ebay. J'achète des trucs et après je réalise que je ne peux les coordonner avec rien de que j'ai déjà et je suis donc obligée d'acheter autre chose pour aller avec.
Mes mensurations sont... n'importe quoi aussi, ce qui va très bien avec rien du tout, pour le coup. J'ai tendance à oublier qu'il me faut des jupes ou des robes bien évasées parce que, comme me dirait ma coloc grenobloise, « On dirait un peu Monica Belluci, sans la poitrine ».
Ah, les problèmes des filles, oui, ça passe bien le temps.
Aujourd'hui, je suis allée au dentiste. Parce que j'ai un émail qui s'effrite au niveau des collets des canines et prémolaires, on m'a demandé si je ne serais pas boulangère ou pâtissière, par hasard, parce que ces gens-là qui passent leurs journées à « inhaler du sucre » (je cite) se retrouvent aussi avec ce genre de problèmes. Mais moi non, j'ai juste un émail naturellement pourri à cet endroit.
Curieusement, on ne m'a pas conseillé d'arrêter de snifer du sucre mais plutôt d'éviter les boissons acides.
Je ne sais pas si ce sont les anti-inflammatoires, ou bien l'âge qui se rapproche comme l'hiver, ou bien encore juste une overdose d'euphytose mais je me sens particulièrement en déficit de tonus, ces jours. Là, je tente de compenser en faisant tourner en boucle « The pretender », des Foo Fighters. Ca marche correctement.
Je me demande si un style vestimentaire « n'importe quoi » ne pourrait pas faire office de style à part entière, après tout... Un style très personnel, tout à fait à mon image, au final. Incohérent.
Non mais je vais laisser tomber les réflexions d'ordre modiste, oui, ça me va vraiment trop mal.
Ah, tiens, je n'ai pas raconté pourquoi je prends des anti-inflammatoires, les premiers de ma vie.
C'est que je boite. J'ai mal au genou droit. Que me suis fais-je? Je n'en sais foutre rien. Je marchais gaillardement dans la rue, mercredi dernier, et tout à coup, boum, j'ai eu vraiment très mal.
Oui c'est là qu'on voit, du moins pour ceux qui suivent, qu'il m'arrive de glisser des éléments auto-biographiques dans mes nouvelles.
La coquine!
Bon, donc je me suis fait mal au genou, dieu sait comment... Après tout, voilà encore un événement qui me ressemble: parfaitement illogique et si myyystérieux... On pourrait suspecter un fantôme de m'avoir donné un coup de pied. Ca n'enfle pas, ça ne bleuit pas. C'est juste tout endolori, ça part un peu de travers et il faut bien que je garde le genou légèrement fléchi quand je marche sinon ça fait mal. Mon médecin m'a dit qu'il semble y avoir un peu d'eau sous la rotule, que c'est peut-être un problème de tendons ou de ligaments ou de cartilage fendillé (ça fait toujours plaisir de se sentir bien renseigné) et elle m'a prescrit des anti-inflammatoires et des radios si ça n'allait pas mieux au bout de 5 jours; puis on verra pour un IRM si les radios ne révèlent rien (et vu qu'on n'y voit guère les tendons, les ligaments et les cartilages, sur les radios, hein, on est toujours bien content de faire les choses bien logiquement dans l'ordre prescrit par la sécu). Donc ce sera radios vendredi. Et ostéopathe lundi, au cas où ça pourrait aider, et tant qu'on y est, à se ruiner, autant aller bien au fond des choses.
Cette semaine, j'ai reçu un sms d'un annécien.
J'hésite à lui dire bravo et merci pour être l'un des deux annéciens à avoir utilisé ce numéro cette année.
Il y a aussi eu deux annéciennes: une est d'origine américaine et l'autre a quitté la ville depuis.
Je n'existe donc quasiment plus à Annecy.
Il est donc d'une logique imparable que je m'y sente comme un fantôme mollasson.
Quoi d'autre?...
Je suis en train d'arrêter de porter des soutient-gorges.
Je crois que c'est depuis Halloween, où je ne portais rien sous ma vieille chemise toute craquée, que j'ai réalisé que j'en ai marre, pour ce que ça me serre... Et puis, asymétrique comme j'ai l'immense privilège de l'être, il me faudrait un bonnet A à droite et un B à gauche. Déjà que c'est toujours un casse-tête de trouver un soutient-gorge à sa taille pour une femme normalement constituée alors là, voilà encore une bonne raison bien logique de baisser les bras.
Et c'est fou ce qu'on se sent vachement plus sexy sans rien sous son chemisier.
Oui, raconter ce genre de chose a le très grand avantage de me faire très logiquement glousser.
J'en profite, donc.
Et puis j'imagine mes collègues ou bien mes cousines lisant ceci, vu qu'on est une grande famille sur facebook, et je me dis que c'est encore une très belle occasion de jouer à mon jeu favoris à distance: « Même pas peur! ».
On combat le marasme comme on peut.
En allant à Bourges, par exemple, alors que ce n'est pas encore le printemps.
Mais passons.
20:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : annecy, genou, soutient-gorge, monica belluci
11.11.2009
Dédicaces
Bonjour mes petits choux,
Aujourd'hui, c'est un spécial dédicaces.
D'abord dédicace spéciale et globale à Violaine, vu que j'ai ouvert un compte sur Viméo. Je me demandais "Youtube? Dailymotion? Et pourquoi pas Viméo? Puisque Violaine y est, ça doit être bien aussi". Donc m'y voilà, prête à déverser pleins de vidéos complètement futiles, simples petits moments de contemplation quotidienne ou de je ne sais quoi d'autre encore.
Bon, j'ai quand même dû attendre 8h que mes premières vidéos uploadées soient disponibles mais bon. Je chipote.
Alors, primo, dédicace à Sophie, une annécienne blogueuse actuellement en voyage en Inde, où il y a des moustiques et des gecko, et maintenant qu'elle n'est plus là pour annoncer les prochains concerts à ne pas louper dans les environs, même Loaf n'est plus à la page et semble tomber des nues quand il apprend qu'Angelo Spencer passe à l'usine le 16 novembre. Elle nous manque, alors dédicace à Sophie:
On the road I from Caroline on Vimeo.
Secondo, dédicace à « Celui qu'il ne faut pas nommer »:
On the road II from Caroline on Vimeo.
Ces deux vidéos furent prisent dans le Jura, le 3 novembre, sur la route qui mène à La Pesse (en traversant la forêt du Chapusieux), où je ne vis pas de bisons ni n'en mangeai. J'allais à un enterrement et il avait neigé, comme on peut le constater et j'ai des pneus contact à l'avant, comme on peut aussi le constater. On entend l'album Sgt. Pepper, qui est actuellement la seule cassette dont je dispose dans ma voiture. Je ferai bien d'y remettre celle de Load, de Mettalica, et peut-être ajouter un petit Michael Jackson...
Voilà, bonne journée!
10:14 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : annecy, blog, beattles
02.11.2009
Régurgitation
Les concerts de la semaine dernière : là.
10:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, annecy, black flowers, delavegas, firewater, soyouz, spoutnik, bip-bip
31.10.2009
Halloween Party
Mesdames, messieurs, à l'heure où je vous écris, il est 20h30 en ce samedi 31 octobre 2009, je ne sais pas encore ce que je vais faire de ma soirée.
Il y a quelques semaines, on m'avait dit en gros: « ouais, y aura une soirée, là, à V… mais j'en sais pas encore plus, je te redirai si ça t'intéresse » et moi de répondre « oui, oui! », gaiment.
Et puis il y a 2 jours, quelqu'un d'autre: « ouais, y a une soirée, là, avenue de G... mais c'est déguisé, attention! C'est du sérieux! Mais bon, j'en sais pas encore plus, je te redirai si ça te tente » et moi de répondre « oui, oui! », gaiment (en vrai, là, j'ai un peu hésité, vu que j'étais déjà invitée ailleurs, enfin en principe, hein, et que me déguiser, ce n'est pas trop dans mes habitudes).
Mais finalement, oh, deux soirées dans la même soirée, ma foi, c'est Halloween et j'ai une voiture.
Mais voilà, on ne me rappelle pas.
C'était bien la peine de me tendre plein de carottes, hein.
Voilà que je me suis déguisée, moi, pour le coup.
Et même légèrement grimée.
Je suis une fille consciencieuse, que diantre.
Si on me rappelle, j'en repasse une couche et je fais les mains.
Le pitch du « personnage » (oui, c'est « Halloween » alors c'est « pitch ») s'est dessiné ces dernières 24h, quand j'ai eu l'idée de ramasser des feuilles mortes et des roses fanées sur le chemin du Brise Glace. Le pitch, donc : « quelqu'un est allé faire un tour dans les bois et y est resté » (oui, « le chemin du Brise Glace », parce qu'il y a eu des concerts en cette fin de semaine, bref, j'y reviendrai).
J'en suis ma foi assez fière, de ce bricolage de « personnage », surtout du résultat, avec plein de feuilles mortes coincées dans une tresse (je ne m'étais encore jamais fait de tresse de toute ma vie, si, et ça fait bien 5 ans que je n'avais pas mis de vernis à ongle, ça a un peu bavé du coup), du lierre coincé dans la boutonnière de ma vieille chemise trop grande et craquée que je porte absolument sans rien d'autre, vu qu'un esprit, hein, ça voyage léger (enfin j'ai un pantalon, hein, mais pas de pull, pas de sous-pull, rien, absolument rien d'autre, hein, c'est fou, je vais pas vous faire un dessin, moi l'éternelle frileuse je sacrifie mon confort thermique, dirons-nous, pour du « déguisement », c'est fou, je passe une grande soirée).
Donc nous sommes en présence d'une espèce d'esprit des bois moderne, en pantalon de ville. Je prévois aussi des bottes et il y a un manteau sur lequel j'ai cousu quelques feuilles, quelques boutons de roses fanés et même des brins de bruyère maraudés au cimetière hier. Comme ça, avec les roses, on fait même écho, écho, écho à l'url de ce blog, oh, trop fort.
Et oui, il se trouve qu'en prime, j'habite à côté d'un cimetière et qu'encore plus en prime, en revenant des courses, là, ce soir, j'ai trouvé les déchet de la vente des chrysanthèmes. Dans le caniveau, j'ai ramassé une magnifique branche de lys tordue. Enfin du moins je crois que ce sont des lys, ou des fleurs dans le genre, blanches, qui sentent vraiment très bon, j'en ai garni une poche du manteau et je prévois de pouvoir aller me promener avec la tige et les 2 autres fleurs qui en pendouillent encore.
Oui parce que j'ai fait quelques courses, aussi, forcément, quand on est invité quelque part, on amène des trucs, n'est-ce pas. Un peu de bière, un peu de chips, des petits gâteaux pour ceux qui sont branchés sucré et du saucisson.
Je suis gentille, hein.
Et on ne me rappelle pas.
Et je ne vais pas encore téléphoner pour savoir ce qui se passe (déjà l'une des deux personnes n'a même pas de téléphone) vu que j'ai suffisamment signalé et resignalé que oui oui, moi je ne me décommande pas, je ne tiens pas à passer pour une harceleuse non plus, hein, oh et puis crotte quoi.
Ah ça...
Ca m'arrive tout le temps.
On m'oublie.
Une théorie voudrait que je ne sois pas tout à fait « dans » mon corps mais un peu « à côté ». Oui, j'aurais donc la faculté extraordinaire de pouvoir parfois disparaitre dans une dimension parallèle, je suis en léger décalage avec cette réalité, n'est-ce pas, donc c'est normal si vous ne me voyez pas alors que si, je suis bien là à 3 mètres de vous et même pas cachée derrière un pillier. C'est fou. Je suis un caméléon. Je suis bien contente.
Sans parler des tas de trucs qui tombent tout le temps à l'eau. Plouf!
Et si finalement je me retrouve bien conviée à une soirée, celle prévue depuis des semaines et que celle-ci s'avère ne pas être déguisée, hein, qu'est-ce que je fais?
Et si on ne me rappelle pas, des gens vont louper quelque chose, ils seront morfondus! Ah!
Bon, je n'y connais rien en maquillage et j'ai fait ce que j'ai pu avec les fards à paupières que j'avais sous la main. Mais pour du bricolage d'amateur, je suis plutôt contente du résultat.
Et comme ce serait vraiment dommage que ça ne serve à rien, et comme ça m'énerverait aussi, faut bien le dire, j'ai pris des photos, non mais, hein, on va pas se priver (par contre l'éclairage et le mini appareil photo dont je dispose ne permettent pas trop de voir à quel point je suis bleue-grise (pas verte, non non), c'est dommage).








Et vous savez quoi? En surprime de ouf, oui, « de ouf », carrément, j'en perds mon latin, vous allez même avoir droit à une vidéo!
Parce que depuis que j'ai découvert que Violaine s'est mise aux vidéos, je me sens vachement inspirée.
Halloween Party
Andrée V. | MySpace Vidéo
Et oui j'aime bien Indochine et j'assume : « … je ne me reconnais plus dans les gens, je suis juste un cas désespérant, et comme personne ne viendra me réclamer, je terminerai comme un objet retrouvé... », bon, forcément.
Si elle vous laisse sur votre faim cette vidéo, c'est normal, hein, c'est le thème de la soirée.
Ps: 22h25, je m'occupe hein, et je commence à avoir sommeil, en plus. Je ne suis vraiment pas faite pour les mondanités.
22:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : halloween, rose, annecy, esprit, parole, indochine
06.09.2009
Le jour du seigneur
Ce matin, après un peu de ménage... J'adore faire du ménage, ça me calme les nerfs, et puis cette fois j'ai mis un peu d'ordre dans ma collection de cd, plein de choses du genre démos de groupes locaux, ça fait plein de flash back, c'est rigolo... Après la poussière, on continue avec du ménage en sortant un truc qui mijote dans le tiroir depuis 15 jours : voilà que je me suis décidée à toujours faire partie d'Ilys, genre une fois par trimestre, ça me fait une bonne moyenne, je trouve, avec ça :
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L'amour du sol



Il n'y a guère d'occupation plus saine qu'une petite promenade en forêt, torse-nu pour les hommes, en jogging et t-shirt sombres pour les femmes, du moins pour ceux qui aiment, en bons chasseurs, se fondre dans le paysage de façon à pouvoir surprendre les bêtes sauvages, comme les grenouilles par exemple, surtout les bébés grenouilles (il y a ça ou construire des barrages sur les ruisseaux, mais ceci est une autre histoire). Torse-nu ou en jogging, tous finiront de toute façon bouffés par les moustiques après avoir passé trop de temps à contempler une mare perdue au milieu des arbres, attendant les fées qui ne se pointent plus passé neuf heures du matin, guetteurs si parfaitement immobiles qu'un berger allemand passant à trois mètres de là ne les verra même pas.
Pour qui a ce genre de petites tendances bucoliques, entendre ici ou là que les écolos, avec leur angélisme, leur morale étouffante, ces maniaques du tri, c'est tous des cons, eh bien, forcément, ça énerve un peu.
Crotte.
La nature est belle, la nature est puissante, la nature vous emmerde. Rien que pour ce merveilleux esprit rock'n roll, la nature est cool. Très cool. En tout cas, ça peut inspirer un certain respect.
Elle gagne toujours à la fin. C'est peut-être ça qui énerve. Elle ressemble trop à un héro de film américain, un film dans lequel l'être humain aurait le rôle du méchant crétin.
On lui ferait exploser toutes nos bombes à la gueule, elle se relèverait, nous pas.
On lui arracherait toutes ses forêts, on lui massacrerait toutes ses dernières grosses bestioles en voie de disparition, on lui saloperait toutes ses dernières rivières encore à peu près propres, on lui trouerait sa couche d'ozone de partout, etc, etc… Elle se relèverait, nous pas et, apparemment, on a très envie de le vérifier.
Nous sommes le méchant crétin du film et au cas où être méchant et crétin ne suffirait pas à notre perte, le scénario nous a fait suicidaire, par-dessus le marché, histoire d'être sûr qu'on crève bien à la fin, dans la merde et la déchéance la plus parfaite.
La nature aura votre peau.
N'importe comment, la vie est un jeu vidéo, parfois assez prenant, mais vous avez beau vous appliquer, vous perdez à la fin.
Same player don't play again.
A moins qu'on aborde le sujet de l'immortalité de l'âme, mais bon… Peut-être une autre fois.
Et sans aller aussi loin, le jeu offre tout de même au joueur un genre de choix très simples, par exemple: préfère-t-il passer la partie sur une décharge, à nourrir sa graisse ou plutôt dans les bois, à guetter la grenouille.
Note musicale : The Hickey Underworld - Blonde Fire
P.S: j'avais titré ce truc " href="http://www.youtube.com/watch?v=3FHfNwlqHKI">Marie-Thérèse Bouchard, et puis aussi un peu celui d'Hank, de Fromage…, je me suis mise à culpabiliser de vous prendre votre temps pour vous parler juste de grenouilles.
11:28 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : annecy, blog, n'importe quoi
31.08.2009
Mise au point
Lundi 31 août, 20h:
Ceci est une newsletter, sauf qu'on ne sait absolument pas qui exactement la reçoit.
Il faut être un peu joueur pour aimer ça.
Un peu de mal à comprendre pourquoi la rentrée doit être un mercredi. Même pour les maternels? Bon.
Ma sœur a enfin accouché, mardi dernier. On vous épargnera les photos, quoi que le neveu, petite crevette rose et blonde aux yeux bleus, a des doigts particulièrement longs, faut voir ça, c'est quelque chose, on veut déjà en faire un pianiste. Enfin surtout les femmes du clan; le père, lui, estime que de grandes mains, ce sera bien pour donner des baffes. Chacun ses priorités.
Ici à Annecy, je croise toujours de « vieilles » connaissances sans dénier dévier un regard pour les saluer, comme encore mardi dernier à l'hôpital, dans les escaliers du parking, désolée, mais j'étais vraiment très pressée, ma sœur était en train d'accoucher, hein, et puis je suis particulièrement crispée ces temps, la gorge toute nouée depuis une semaine, bon - on n'est vraiment tranquille nulle part - à la rigueur je dis « bonjour » si on se retrouve vraiment face à face - comme encore ce matin au centre de tri de la poste et après je sors de là précipitamment en protestant très autistiquement à voix basse, comme pour me soulager ou prier ou faire part de mon énervement au destin : « non, je veux voir personne, je veux voir personne, je veux voir personne! », vraiment très nerveuse – je dis tout juste bonjour, donc, parce que mes parents m'ont tout de même bien élevée, enfin tout juste assez pour que je ne sois pas une pure sauvage.
A vrai dire j'ai très envie de massacrer ce texte vu que je suis fatiguée et que j'ai tout de même envie d'écrire un truc mais surtout pour le remplissage, en fait, on va dire. Histoire de faire le satellite qui continue de faire « bip » même très loin de la terre.
Bon, j'ai beau ne vouloir voir personne à Annecy, étant donné que je suis quelqu'un de très logique, je suis tout de même bravement sorti samedi soir. On m'avait tendu une jolie perche, j'ai eu très envie de vérifier que ce n'était pas du vent. J'ai donc eu l'occasion de passer au Munich pour y être fort aimable avec une « vieille » connaissance que je n'avais pas vue depuis bien un an : « Oh mais t'as grossi, toi! ». Oui, à peine « bonjour » et, de but en blanc, ça.
Je vous jure. Aucun sens des convenances, c'est lamentable. Vraiment très aimable. Et après, je m'étonne de mettre des gens mal à l'aise.
Ce samedi soir, je peux donc témoigner, il y avait des gosses qui sautaient du Pont des Amours dans le canal du Vassé, et là un skater essayait de se suicider, ou de se casser un bras, avec beaucoup de conviction, en sautant toutes les marches de l'escalier de ce pont d'un coup. Il a fini par y arriver, à atterrir en bas des marches sans se viander. Et puis il a eu une conversation avec un autre skater et ils se sont mis à parler skater: à la consonance de quelques bribes de mots saisis par ci par là, il me sembla comprendre qu'ils évoquaient toutes sortes de figures sans doute fort compliquées et douloureuses et cela me donna la sensation qu'ils parlaient chinois.
Et puis dans la vielles ville, un lapin distribuait des sucettes aux filles.
La veille, alors que je m'appliquais à avaler une pleine assiette de frites au Bootsy, à Grenoble, en compagnie de ma merveilleuse et très inspirante colocataire et que je tentais de formuler une idée ayant trait à l'absurde et à l'absolu, idée que je ne suis toujours pas parvenu à saisir correctement, j'eus soudain très envie de voir passer un type déguisé en lapin. Ca m'aurait aidé à illustrer cette histoire d'absurde, je crois, ou bien c'est l'image qu'elle m'inspirait... Bref, à ce moment-là, je n'avais pas encore fini « A vos souhaits », de Fabrice Colin - une amusante petite histoire pleine d'elfes, de nains, d'ogres et de jurons, tout juste assez grivoise pour ne pas être recommandable à des enfants – et dans ce bouquin, un enfant déguisé en cochon apparaît à tout bout de champ. Mais je n'avais pas du tout envie de cochon, moi je voulais voir un lapin, comme Alice. A mes souhaits, donc : j'en vis un le lendemain et j'eus alors la sensation d'être en train de passer une soirée absolument parfaite. Un peu plus tard, un gosse resta un petit moment à cuver allongé dans mes wc. On déclara mon appartement « baba cool » et on s'efforça de me faire avouer que je fume. Mais non, je suis zen comme ça absolument naturellement.
Il y avait longtemps que je n'avais pas passé de soirée avec des gosses, je m'étais jurée de ne plus recommencer. Je ne vois vraiment plus pourquoi. Enfin si mais j'ai peut-être guéri un peu depuis.
Je ne suis toute fois toujours pas en mesure de leur donner d'avisés conseils en matière d'histoires de couple. C'est ennuyeux car ils ont vraiment beaucoup de soucis dans ce domaine. Beaucoup plus que moi. Vu que je n'ai jamais été en couple. Quand on dit ça, on a un peu la sensation de dire qu'on est toujours vierge, c'est un peu gênant. Mais voilà ce que c'est que d'être une vraie sauvage dépourvue de tout sens des convenances et des conventions en matière de drague, tout ça, et gaffeuse avec ça, genre « Oh mais t'as grossi, toi! », je vous jure... C'est n'importe quoi, oui.
Aujourd'hui, de passage à l'école où je reprendrai demain ma place favorite à la cuisine pour boire du thé en lisant, ou lire en buvant du thé - certains appellent ça « travailler » - aujourd'hui donc, j'ai appris que ma petite préférée, une gosse de 5 ans, ne reviendra pas cette année, elle change d'école. C'est très triste. Il y a quelques mois, elle avait fait un dessin, elle me l'avait montré, on avait commencé à papoter comme ça, j'avais fini par m'assoir sur une petite chaise et tout naturellement, elle était venue s'asseoir sur mes genoux, comme du miel liquide qui tombe sur une tranche de pain beurrée. Un moment plus tard, j'étais très occupée à couvrir des livres, je repensais à ce doux petit moment précieux en compagnie de ce petit lutin affublé de petits problèmes d'élocution, quand je réalisai que voilà, ça y était, j'avais envie d'avoir des enfants. Je ne reverrai peut-être jamais cette gosse-là mais je continue à avoir envie de fournir mon neveu en cousins. Pas à tout prix, ceci dit. Je ne suis pas hystérique à ce point. J'aimerais la version « un mari et des enfants », voilà où j'en suis, à me dire que ça, ce serait bien. « Mère au foyer », voilà le job idéal. Ca et « tour manager » d'un groupe de rock, mais bon, on ne peut pas tout avoir.
Tout ça pour dire que lorsqu'un homme assis à ma table lance soudain - comme une bonne parole tombée du ciel par le plus pur des hasards, là dans votre bière - qu'on a oublié le sens, la raison d'être du couple - qui est de faire des enfants - je réalise trois jours plus tard que ce blog pourrait aussi bien avoir des lecteurs. Et cela m'amuse.


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22.08.2009
Flou
Ce n'est pas que je ne sais pas me servir d'un appareil photo, quoi que, c'est juste que j'aime bien les photos floues. Alors je prends des photos floues, exprès.



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16.08.2009
Petites fleures
En promenade dans les bois, Semnoz, vallon Sainte-Catherine, blabla, la grangette, ruines, blah, chez maman, chats, jupe en soie, blahhh, couleuvre dans le hall, pompiers, Impérial, reblah, le muscat n'est plus.











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06.06.2009
Journal de bord
Il est possible que je me laisse gentiment oublier.
Du côté des nouvelles, tout va bien. J'aurai toujours du travail en septembre prochain, pour un an encore. Je me mets en collocation avec une copine à Grenoble : j'ai les moyens de louer ce qui sera pour moi une « résidence secondaire », un ravissant petit 2 pièces-cuisine. Les nouvelles locataires sont ravies, je vous le dis.
C'est faire preuve d'une indéniable indécence de petite bourge privilégiée, d'une grosse absence de prévoyance et de rationalité que de se payer, par les temps qui courent, une telle fantaisie, quand bien même sensée, mais voilà, c'est comme ça, il faut que je le fasse ou je vais m'endormir.
Annecy me laisse assez froide en ce moment.
Un temps énorme passe sans que je puisse voir d'anciens « potes », ils disparaissent de mes radars, je perds le contact, ne sais l'entretenir, tout passe et je n'ai plus l'énergie pour courir partout après eux.
Et mon téléphone reste, globalement, calmement silencieux.
Ainsi, le peu d'hommes qui posèrent leurs mains sur moi n'ont jamais fait de bien grands efforts pour me retenir.
Je m'interroge: pas assez jolie? Trop étrange? Trop « sombre »? Trop dépressive? Trop peu – euh - « sportive »? Trop austère?
Austère, oui, et triste.
J'aimerais beaucoup qu'on puisse m'éclairer sur la question.
Il se pourrait qu'une affreuse vieille tristesse, comme une masse de plomb froid vissée au fond de mes tripes me rende indécrotablement effrayante.
Je la vois bien sur certaines photos. J'ai beau sourire, elle perce.
Pourtant, « on dirait que tu as plein de douceur en toi et que tu ne sais pas quoi en faire », m'avait dit quelqu'un à la fin de l'année dernière.
C'était encourageant.
J'aimerais creuser dans cette direction.
En écoutant Puscifer et en buvant une Desperado.
J'ai passé tout l'après-midi sur Ebay.
C'est un peu lamentable.
A moins que cela ne m'amène à porter parfois des robes, ou des jupes, et autre chose que des baskets.
Oui, ce serait bien, je crois.
Sur ce, on passe à une Adel Scott.
Et franchement, qu'aimeriez-vous que je vous raconte d'autre?
La résidence secondaire grenobloise sera meublée le weekend prochain.
Ah oui, j'ai mal à une hanche, depuis la folle journée de prospection qui nous mena à la découverte de ce petit joyaux.
Nous marchâmes beaucoup, loin, longtemps, à toute allure pendant des heures et voilà.
Le lendemain, je boitais.
Depuis, la douleur revient après une marche d'une demie-heure.
Je pourrais y voir un « mauvais » signe.
Je me contenterai d'y voir le signe que des choses bougent, que tout ne se fait pas sans peine, qu'il serait bon que j'aille voir un médecin, un kiné, un podologue, que l'heure tourne. Les aiguilles rouillent un peu, leur tic-tac se fait moins discret.
Samedi 6 juin 2009, 20h.
23:56 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : annecy, grenoble, entre deux, grand écart, home sweet home, amitié