06.06.2009
Journal de bord
Il est possible que je me laisse gentiment oublier.
Du côté des nouvelles, tout va bien. J'aurai toujours du travail en septembre prochain, pour un an encore. Je me mets en collocation avec une copine à Grenoble : j'ai les moyens de louer ce qui sera pour moi une « résidence secondaire », un ravissant petit 2 pièces-cuisine. Les nouvelles locataires sont ravies, je vous le dis.
C'est faire preuve d'une indéniable indécence de petite bourge privilégiée, d'une grosse absence de prévoyance et de rationalité que de se payer, par les temps qui courent, une telle fantaisie, quand bien même sensée, mais voilà, c'est comme ça, il faut que je le fasse ou je vais m'endormir.
Annecy me laisse assez froide en ce moment.
Un temps énorme passe sans que je puisse voir d'anciens « potes », ils disparaissent de mes radars, je perds le contact, ne sais l'entretenir, tout passe et je n'ai plus l'énergie pour courir partout après eux.
Et mon téléphone reste, globalement, calmement silencieux.
Ainsi, le peu d'hommes qui posèrent leurs mains sur moi n'ont jamais fait de bien grands efforts pour me retenir.
Je m'interroge: pas assez jolie? Trop étrange? Trop « sombre »? Trop dépressive? Trop peu – euh - « sportive »? Trop austère?
Austère, oui, et triste.
J'aimerais beaucoup qu'on puisse m'éclairer sur la question.
Il se pourrait qu'une affreuse vieille tristesse, comme une masse de plomb froid vissée au fond de mes tripes me rende indécrotablement effrayante.
Je la vois bien sur certaines photos. J'ai beau sourire, elle perce.
Pourtant, « on dirait que tu as plein de douceur en toi et que tu ne sais pas quoi en faire », m'avait dit quelqu'un à la fin de l'année dernière.
C'était encourageant.
J'aimerais creuser dans cette direction.
En écoutant Puscifer et en buvant une Desperado.
J'ai passé tout l'après-midi sur Ebay.
C'est un peu lamentable.
A moins que cela ne m'amène à porter parfois des robes, ou des jupes, et autre chose que des baskets.
Oui, ce serait bien, je crois.
Sur ce, on passe à une Adel Scott.
Et franchement, qu'aimeriez-vous que je vous raconte d'autre?
La résidence secondaire grenobloise sera meublée le weekend prochain.
Ah oui, j'ai mal à une hanche, depuis la folle journée de prospection qui nous mena à la découverte de ce petit joyaux.
Nous marchâmes beaucoup, loin, longtemps, à toute allure pendant des heures et voilà.
Le lendemain, je boitais.
Depuis, la douleur revient après une marche d'une demie-heure.
Je pourrais y voir un « mauvais » signe.
Je me contenterai d'y voir le signe que des choses bougent, que tout ne se fait pas sans peine, qu'il serait bon que j'aille voir un médecin, un kiné, un podologue, que l'heure tourne. Les aiguilles rouillent un peu, leur tic-tac se fait moins discret.
Samedi 6 juin 2009, 20h.
23:56 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : annecy, grenoble, entre deux, grand écart, home sweet home, amitié